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Premier accouchement difficile

Message non luPosté: Jeu 9 Nov 2017 16:21
par Soso88
Bonjour,

Je suis actuellement enceinte de mon deuxième enfant. Le premier est né il y a un peu moins de deux ans.
Physiquement, le premier accouchement s'est, objectivement, plutôt bien passé: Pas de problème particulier, à part qu'il a été fait avec déclenchement, et que j'ai fait un début d'hypertonie utérine.

Psychologiquement, j'ai eu un peu de mal à m'en remettre. Je passe les détails: Ça a été extrêmement douloureux, et j'ai été clouée littéralement par la douleur, au point de ne plus pouvoir rien faire. Un geste un peu controversé médicalement a été de plus effectué sans péridurale, et on aurait pu me trancher une phalange que ça m'aurait à peu près fait pareil, je pense. Une fois la péridurale posée (plusieurs heures après le début de cette séance de torture), ça a été.

Mon corps a digéré. Le lendemain, il était opérationnel, et je n'avais plus mal. Mon esprit un peu moins: Durant une semaine environ, plusieurs minutes par jour, j'avais des flash-bacs, où je revivais l'accouchement, et où j'étais totalement absente, jusqu'à ne pas entendre mon enfant hurler pour manger, juste à côté de moi. Et puis c'est passé. Je me suis fait la réflexion que c'était des éléments de stress post-traumatique. J'en ai parlé autour de moi, mais personne n'a semblé vivre la même expérience (pourtant j'ai des amies qui ont vécu des choses bien pires, objectivement), et comme ça passait, je suis aussi passée à autre chose. J'ajouterai que la psy de l'hôpital n'a été d'aucune aide, et s'est contentée de dire "Ah quand même" quand j'ai parlé de mes absences lors sa visite post-partum.

Forcément, maintenant que j'entre dans le dernier trimestre de ma seconde grossesse, j'appréhende... Je n'ai plus d'absences, de flash-bacs, j'ai pu verbaliser auprès d'une sage-femme ce qui m'était arrivé... Mais on sait tous que ça peut recommencer assez rapidement sans prévenir, pour peu que la situation se reproduise (ou soit encore pire!). J'aimerais avoir des éléments pour tenter de gérer au mieux si la situation se reproduit, et savoir à quel moment il me faudrait consulter...

Re: Premier accouchement difficile

Message non luPosté: Ven 10 Nov 2017 17:26
par georges
Bien que ça ne rentre pas directement dans mon champ de compétences, je crois que vous pourriez avec bénéfice consulter un psychothérapeute pratiquant l'hypnose eriksonienne. Vous pourriez mette à profit ces séances pour vous préparer à être l'actrice de votre accouchement futur. Je veux dire par là qu'une majorité de parturientes sont chosifiées, réduites à l'état de rat de laboratoire face à l'autorité de l'appareil médical qui détient la science. Ainsi, est-ce vous qui avez pris toute seule la décision de déclencher ?

Re: Premier accouchement difficile

Message non luPosté: Ven 10 Nov 2017 19:46
par Soso88
Le geste controversé, c'est une rupture de la poche à la main, sans anesthésie, sans me prévenir, lors d'un examen du col. (on a l'impression qu'on vous sectionne une phalange, à peu près...). Techniquement, c'est en théorie très peu utile pour accélérer les choses (on arrivait sur la fin des 48h...) Et surtout, ça aurait dû être fait sous péridurale, si c'était bien nécessaire, ce dont je doute. Je pense que la sage-femme a pensé bien faire, et a dans son esprit, tout fait pour m'épargner l'ocytocine et la césarienne, mais elle a commis à mon sens, au moins l'erreur de ne pas attendre l'anesthésiste, dans le meilleur des cas. Et de ne pas m'avertir, bien sûr (j'aurais refusé...)

Je n'ai pas pris la décision de déclencher, bien sûr, mais l'indication médicale était là: J'ai fissuré la poche des eaux, et les contractions ne sont pas venues. Le bébé risque alors une infection si l'accouchement n'est pas effectif dans les 48h... On m'a laissé presque 24h avant de mettre les tampons, de ce point de vue, tout a été fait dans les règles de l'art, à mon avis (je suis dans le domaine médical...). Je n'ai pas eu de chance sur la sur-réaction de mon utérus... Et mon col qui ne voulait pas s'ouvrir. Je précise que l'autorité médicale n'a, du coup, pas tant d'effet sur moi: Je comprends tout ce qu'ils font, et je pose des questions. Les procédures, je les ai étudiées, je les connais. Je ne me suis pas sentie rat de laboratoire, mais quand vous êtes clouée par la douleur, les histoires de consentement éclairé, on peut s'asseoir dessus: je n'étais tout simplement pas en état d'être éclairée en quoi que ce soit.

Vous mettez le doigt sur quelque chose: Je n'ai pas été actrice de tout mon accouchement: Avant la rupture de poche, la douleur était déjà horrible, mais après, elle était tellement insoutenable que je n'ai plus rien pu faire. L'état qui se rapproche le plus de ce que j'ai vécu, c'était les grosses cuites d'étudiante, quand on arrive plus qu'à penser au prochain pas qu'on va faire et qu'on essaie qu'il soit à peu près droit pour ne pas tomber sur la route. Là on pense juste à survivre à la prochaine contraction (et c'est moins drôle parce que c'est la douleur qui cause l'état, pour le coup...). Dans ces conditions, je n'arrivais plus qu'à obéir machinalement. On m'aurait dit de me jeter par la fenêtre que je l'aurais fait sans réfléchir. Une fois la péridurale posée, cependant, j'ai pu reprendre le contrôle, et comme elle était bien dosée, décider de quand pousser, et de comment le faire. La phase d'expulsion, pour le coup, je l'ai vécue en tant qu'actrice. Ce sont les instants d'avant qui reviennent...

Re: Premier accouchement difficile

Message non luPosté: Dim 12 Nov 2017 08:28
par georges
il semble déjà que vous aviez besoin d'exprimer, d'évacuer plutôt, ce trop plein de souffrance mémorisée. Je reste sur ma réflexion concernant l'idée de prendre la main sur le déroulement. De fait, être sur le dos, jambes en l'air, ne favorise pas trop cette maîtrise.
Je serais une femme, j'aimerais accoucher assise, adossée à un mère, une matrone, comme il est pratiqué dans certains pays. Ça me semble tellement plus logique. "L'appui-dos", ça vous parle ?

Re: Premier accouchement difficile

Message non luPosté: Lun 13 Nov 2017 10:42
par Soso88
Oui, je pense que vous avez raison... J'ai déjà parlé deux fois dans deux messages (sans me relire) de la même chose, en fait, en utilisant la même expression, à chaud.

Les positions autres que la position gynécologique étaient possibles. J'ai accouché dans une maternité où ces dispositions sont prévues... Mais alors on se passe de la péridurale. De fait, on fait alors un déjà un choix: Sans, dans la position qu'on veut, ou avec, en position gynécologique. Je ne regrette pas mon choix un seul instant. J'aurais même préféré l'avoir plus tôt.

Je n'ai été en position gynécologique qu'après la pose de la péridurale. Avant, durant la phase difficile, j'étais libre de mes mouvements. La chose qui change avec la position gynécologique, c'est qu'on est pas aidée par la gravité, et qu'il faut pousser plus fort pour expulser le bébé. Et qu'on gère effectivement moins bien la douleur (mais comme j'avais la péri, de ce côté, c'était réglé). Je n'ai pas eu de problème durant cette phase-là, l'effort était de l'ordre de l'effort sportif, dont on ressort fier de soi...

Je pense que j'avais vraiment besoin de la péridurale. Une fois que je l'avais, la position était peut-être moins optimale, mais j'étais capable de contrôler ce qui se passait, alors que la douleur m'en empêchait l'instant d'avant. Il est également très probable que ce soit la levée de la douleur qui ait permis à mes muscles tétanisés de se relâcher pour que le col s'ouvre...

J'ai des amies qui ont accouché sans péridurale, et l'une d'elle l'a fait en position naturelle... Mais avec des contractions non induites médicalement, donc moins fréquentes, entre lesquelles elle avait le temps de se relâcher, et d'après la littérature (ce dont je ne peux juger moi-même) elles sont également beaucoup moins douloureuses.

On verra bien si je les supporte mieux pour la deuxième fois, allez savoir, si bébé décide de faire attention à sa poche en me refilant des petits coups de pieds... Mais c'est je pense une erreur de croire que le "tout naturel" convient à toutes les situations...

Re: Premier accouchement difficile

Message non luPosté: Mar 14 Nov 2017 05:49
par georges
"Mais c'est je pense une erreur de croire que le "tout naturel" convient à toutes les situations."
Je partage bien cette idée. La chose qui m'embarrasse beaucoup c'est la position de "sachant" qu'adoptent nombre d’obstétriciens et sages-femmes; position qui nuit gravement à leur qualité d'écoute. Si vous saviez le nombre de doléances que je reçois de femmes à propos de la surdité et de la suffisance de leur "gyné". Mais il est vrai qu'avec une demi-journée de cours de psychologie sur 10 ans d'études...